On se rappelle de l’initiative de Barack Obama, levant l’embargo sur Cuba pour enterrer cette situation politique qui n’est qu’un des derniers vestiges de la guerre froide dans les Amériques.

Vu par le reste du monde, cela signifie que Cuba va s’ouvrir, son économie va changer et par conséquent, son décor et caractère aussi. De mon coté, j’imaginais les Prius remplacer les Cadillacs des années 50, des banques internationales s’installer sur le Malecon, bref, le paysage Cubain qui était figé dans le passé, allait -tristement- se mettre au goût du jour.

Au début de l’été 2017, Corsair, la seconde compagnie aérienne Française a ouvert une nouvelle ligne Paris – La Havane, et m’a invité à voyager avec eux pour re-découvrir les charmes de ce pays dans le cadre de leur campagne #TravelWithCorsair.

J’avais déjà visité Cuba à l’age de 15 ans. En tant que jeune adolescent qui suivait ses parents, je ne voyageais pas renseigné sur les prix ou la logistique, mais j’ai quand même gardé un souvenir clair de mon aventure Cubaine. Je suis donc en mesure de dire si le pays a changé en tant que destination touristique depuis 2005.

12 ans plus tard, à part peut être plus de touristes, Cuba est la même! Les voitures sont toujours du siècle dernier, les gens vivent toujours dehors au rythme de la salsa (et maintenant du reggaeton). L’architecture patinée respirant l’histoire traverse tout le pays.

Chaque pays a sa manière de voyager et sur l’île, sachez que vous pouvez venir comme moi, sans rien avoir réservé. Arrivé les mains dans les poches, je connaissais simplement les points que je voulais voir et avais une idée très large de mon itinéraire, histoire de pouvoir le ré-articuler en cas de mauvaise météo par exemple.

Comment fait on pour arriver en vacances dans un pays où internet se fait rare sans rien avoir réservé? Il y a quelque chose de magique que je m’amusais à appeler la « Cuban connexion »: c’est simple, dès votre arrivée à l’aéroport, votre taxi connaitra une adresse où vous pourrez loger selon votre envie et budget. Une fois sur place, votre hôte se démènera pour vous trouver un moyen de transport le lendemain, parce que vous voulez voir cette plage que vous aviez repéré. Le jour suivant en revenant de la plage votre taxi vous proposera une adresse où dîner et ainsi de suite.

La Cuban Connexion repose sur un système de commissions, ils ont la décence d’être discrets et cela à très peu interféré dans notre expérience de voyage.

Louer une voiture reste très compliqué et très cher. Sachez aussi que pour une cinquantaine de pésos convertibles, vous trouverez aussi un taxi qui restera avec vous toute la journée et vous attendra lors de vos activités ou visites. Cela vous évite la responsabilité de la conduite et ce que cela peut engager en cas de pépin. Vous serez en Lada des années 1980 plutôt qu’en Peugeot 208, et personnellement je trouve ça bien plus attrayant.

C’est de cette façon que nous nous sommes rendus de La Havane à Viñales, dans la région de Pinar Del Rio. Le meilleur point de vue de la vallée est un restaurant appelé Balcon Del Valle. Vous y dégusterez une cuisine locale, avec une vue imprenable sur les champs de tabac et la vallée qui me faisait penser à une version Émergée de la baie d’Along.

La prochaine étape était Trinidad, petit village charmant et incontournable. C’est probablement (avec Varadero) le lieu le plus touristique de l’île. C’est aussi le point de départ pour se rendre au non-loin parc national de Topes De Collantes, où nous avons découvert la riche nature Cubaine et pu profiter de cascades naturelles sublimes. En marchant dans la rue, les locaux proposent divers tours et activités. Nous voulions aller à Vegas Grande, un lieu préservé dont nous avons profité tranquillement, loin de la foule généralement emmenée au Salto Caburni.

Cienfuegos, ville industrielle centrale bien moins touristique que Trinidad, était notre prochain arrêt. Le simple fait qu’on utilise plus le peso traditionnel Cubain plutôt que le convertible témoigne du faible passage des visiteurs. C’était de la bas qu’il fallait partir pour se rendre à El Nicho, un autre lieu naturel que je voulais absolument voir. Nous sommes partis tôt le matin et c’est après 1h30 de taxi que nous avons atteint l’entrée du parc. D’abord seuls, le lieu s’est avéré être magique, entre les bassins naturels, les cascades et les points de vue, nous nous sentions privilégiés. Malheureusement, quelques heures plus tard les premiers bus arrivent pour déverser un flot de visiteurs locaux et étrangers. Transformant littéralement le parc national en parc d’attractions avec une fréquentation « aqualandesque ».

La fin de notre séjour approchant, nous avons profité d’une dernière baignade dans la mer des Caraïbes avant de retourner à La Havane.

Nous faisions un bilan, heureux de notre expérience en nous pavanant dans l’effervescence Havanaise, la veille de prendre le vol qui allait sonner le glas de notre voyage tropical.

Quant à la question qui entamait l’article, l’embargo n’a jamais été réellement levé. Trump à la présidence, les manœuvres de l’ancien président ont été annulées. J’ai l’impression que le peuple comme le gouvernement vont maintenir ce cap qui ne fera pas connaitre de croissance fulgurante au pays de si tôt, mais qui préservera son charme typique, et pour un moment encore.

#TravelWithCorsair