Pour finir en beauté une année 2016 quelque peu morose, j’avais besoin d’air, de grand air et de quelque chose d’exceptionnel, d’inattendu. Voici le résumé de 6 semaines de bonheur passées sur la route…

Avec ma copine, Tamara, rencontrée quelques mois plus tôt, nous avons décidé de nous imposer un test impitoyable, risqué mais révélateur: Prendre la route ensemble, percer à jour les facettes les plus honnêtes de nous mêmes. Par expérience, je sais qu’il n’y a rien de mieux qu’un voyage pour apprendre à connaitre quelqu’un ou se connaître soi-même d’ailleurs.

C’est un vrai roadtrip qu’il nous fallait, LE Roadtrip. Les USA? Un cliché certes, un choix facile et peu original me direz vous, mais un fantasme inaltérable avant tout. Les grands espaces par excellence, ceux-là même qui ont vu de nombreux duos y perdre leur âme. Le trip de deux Bonnie and Clyde édulcorés nous allait mieux qu’une descente de l’Amazone à la nage ou une traversée du Groenland façon Mike Horn; à chacun son aventure. Il nous fallait se l’approprier, faire de ces 6 semaines une expérience inoubliable.

Je ne vous parlerai ici que des grandes lignes de ce voyage, le chemin parcouru grossièrement sur plus de 12000 km, telle une grande photo fourre-tout prise au grand angle, où les humains et le paysage se confondent. Par la suite, dans de nouveaux articles, je reviendrai plus en détail sur certaines de nos étapes, en fonction de notre expérience et des anecdotes foisonnantes collectées sur la route.

Pour pimenter les choses et faire bondir l’excitation, nous sommes tombés sur la formule parfaite: J’avais entendu parler du programme «My Stopover» d’Iceland Air, souvent relayé sur Instagram, c’était l’occasion rêvée de découvrir exactement ce qu’il se cachait derrière.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, lors des vols transatlantiques, Iceland Air propose de faire une escale en Islande allant jusqu’à 7 jours sans surcoût sur les billets. Le « Stopover Buddy » est une version encore plus plaisante du programme, à la rencontre d’un local, que je vous invite à découvrir ici.

Premier stop: 6 jours en Islande

Tout commence donc par 6 jours en Islande, le premier en présence de Hjordis, le « buddy » d’Iceland Air, qui nous invita sur les terres de son enfance au Nord du pays. Les 5 jours restants, au Sud, sachant pertinemment que nous ne pourrions découvrir qu’une petite partie des terres Vikings, les hautes terres s’interdisant à nous, les routes fermant tour à tour en peu de temps sous mes yeux attristés par l’espoir anéanti, scrutant les conditions des routes sur l’écran de mon iPhone. Pour faire face aux conditions climatiques imprévisibles, réputées pour faire le charme de ce pays en proie aux éléments, nous louerons un véhicule adapté chez Lagoon Car rental, une petite société familiale locale que je recommande vivement. 

Ce sera la route 1, entre Reykjavik et Hofn qui nous offrira quelques uns de ses trésors, bien que haut lieu touristique même en cette saison. De terres brulées en terres glacées, de geysers en cascades, de coffre de voiture en hôtel 4 étoiles, d’obscurité en lumière d’or, nos sens ont été trimballés, retournés et comblés.

À peine le temps de réaliser que nous devions déjà prendre notre envol pour la suite du roadtrip, au pays des paradoxes et du gigantesque. Etats-Unis, nous voilà; Islande, nous reviendrons!

À la conquête de l’Ouest

La conquête de l’ouest, qui n’en a pas rêvé? Je pense que c’est ce qui nous a déterminé à faire ce voyage depuis Orlando à l’Est jusqu’à Seattle dans la diagonale opposée à l’Ouest. Pour le symbole.

Pour financer ce trip en One-way nous avons fait appel à Momondo, compagnon de voyage idéal pour comparer et trouver le meilleur rapport qualité/prix pour chacun de nos besoins: la location de voiture, un vol, un hôtel… Je vous invite par ailleurs à aller sur leur site découvrir la partie blog, elle est très inspirante et m’a donné un tas d’idées pour mes prochains voyages.

10 Etats traversés, une foultitude de paysages, faune et flore tout autant variées… nous avons roulé. Une moyenne de 400 km par jour dans le confort de notre break increvable.

La Floride, sa moiteur et son kitch, ses retraités au sourire immaculé, la casquette vissée sur la tête, parfois à l’ombre d’un parasol lors de leurs réunions de collectionneurs, alignant les old cars rutilantes, des airs de Californie sous conservateurs, qui tente de préserver le faste d’une époque dorée révolue.

La Louisiane, sa Nouvelle Orléans mythique et hors la loi qui cache son jazz de qualité dans les recoins les plus miteux, ses bayous remplis de reptiles de toutes tailles, d’arbres barbus et flippants lorsqu’ils miroitent dans l’eau croupie, fut le théâtre de nombreuses rencontres et de mésaventures mémorables. Bons ou mauvais souvenirs, ils font l’histoire et imprègnent les voyages de cette magie unique: l’inattendu.

Le Texas sera l’Etat des premières fois. Première nuit dans le coffre de la voiture aux US, apeurés par le fantasme du Redneck à la gâchette facile, consolés par un réveil au milieu des vaches. Premier Parc National de notre liste. Ce vaste Texas qui nous emmena d’Austin et ses airs londoniens, paradis pour hipster modéré, à Terlingua, bastion de hippies farfelus au milieu du désert, fut une belle surprise.

Au Nouveau Mexique nous nous arrêterons peu. Etat transitoire dans notre périple, il nous laissera tout de même le temps de penser aux aliens, à un prof de chimie baron de la drogue et nous fera ses adieux de très belle manière avec la rencontre de Jody, seul et unique Couch Surfing du voyage.

Et nous voilà aux portes de l’Ouest avec ses déserts de terre rouge et de géants sacrés qui me sont familiers pour les avoir traversés il y a quelques années. J’y retrouvais la sensation de vertige horizontal qui m’avait pris au corps la première fois, parfois ému jusqu’aux larmes. J’étais euphorique de partager avec Tamara sa découverte de ce mythe, et voir son âme d’enfant s’ébahir au contact de la Nature grandiose. Monument Valley, Moab, Grand Canyon… je ne les citerai pas tous ici.

Un mythe en cachant toujours un autre aux USA, nous voilà arrivés sur la route 66, ou ce qu’il en reste, long cordon machouillé, qui défile comme une promesse hasardeuse d’atteindre un jour la Californie.

Une Californie toujours encleinte à nous faire rêver, ne serait-ce qu’en prononçant le nom de ses principales ambassadrices: L.A (prononcez Eleïïï), Palm Springs, San Diego… Ciels flamboyants, rêves de réussite sont forcément de la partie. Qu’on le veuille ou non, qu’on aime ou qu’on n’aime pas ses airs prétentieux, elle ne nous laissera pas indifférent. La diversité phénoménale des parcs de Californie colle à la rétine et épaissit la glotte, c’est comme ça.

Un Vegas anecdotique et nous voilà déjà proche de la fin, un dernier ingrédient se joignant à la partie pour conclure cette Odyssée. Rejoindre des amis de longue date en Oregon, prendre le temps de longer avec eux cette côte sauvage trop peu considérée en direction de Seattle, souffler, ralentir la cadence..

Les derniers jours nous donnent le temps de savourer la plénitude de notre bonheur en mettant fin au vertige de la route, il est temps pour nous de laisser tourner l’engrenage des souvenirs, mémoires physique, sensorielle et numérique qui s’emmêlent et nous inondent. J’ai le plaisir d’en partager quelques unes ici, avec vous.